Vauvenargues:Notes de lecture
Vauvenargues:Notes de lecture
IntroductionPrésentation-introduction
Introduction à la connaissance de l'esprit humain (1747)
Essais de morale et de philosophie
Fragments
Fragments posthumes
Conseils à un jeune homme
Extraits de la correspondance
Dans ces pages se trouvent des notes et réflexions à propos du livre Des lois de l'esprit : Florilège philosophique de Luc de Clapier marquis de Vauvenargues, publié en 1997 par les éditions Desjonquères. Cet ouvrage regroupe l'Introduction à la connaissance de l'esprit humain de 1746, des fragments posthumes, des discours ainsi que des extraits de sa correspondance.
Luc de Clapier marquis de Vauvenargues est un jeune soldat et un moraliste qui entre en littérature en 1737, et qui décède en 1747, à l'âge de 32 ans. Dans l'Introduction à la connaissance de l'esprit humain il tente de définir une morale sociale et individuelle à partir de la justification des passions. Son oeuvre se compose de trois parties : De l'esprit en général, Des passions et Du Bien et du mal moral. Sa pensée se concentre sur l'homme et réfute les jugements des moralistes du Grand Siècle, tels que Pascal, La Rochefoucald et La Bruyère qui dénoncent les contradictions, "imaginaires" selon Vauvenargues, de l'homme. Le moraliste, ene effet concilie les facultés humaines, la raison, l'imagination, les sentiments, jusque là toujours opposées, en favorisant les deux dernières comme source d'unité de l'individu.
Vauvenargues cultive l'idéal d'un homme libre et unifié, capable d'un retour sur lui-même afin de porter au plus au point sa perfectibilité.
Le souci de cette culture de soi est le principe fondateur d'une morale individuelle oeuvrant pour le bien de la société. Vauvenargues n'est pas pour autant un individualiste égoïste. Dans la préface de la seconde édition de l'Introduction, il expose les raisons qui l'ont poussé à s'interroger sur lui-même et sur les hommes : "Alors j'écoutai cet instinct qui excitait ma curiosité et mes inquiétudes; et je dis :"Que veux-tu savoir? Que m'importe-t-il de connaître? Les choses qui ont avec moi les rapports les plus nécessaires? Sans doute. Or où trouverai-je ces rapports, sinon dans l'étude de moi-même, et la connaissance des hommes qui sont l'unique fin de mes actions, et l'objet de toute ma vie? (...) Nous ne jouissons que des hommes, le reste n'est rien." (p.40) Cet aspect humaniste va à l'encontre de la métaphysique classique : l'homme est désormais capable de mesurer ses faiblesses et ses talents et de les cultiver dans l'intérêt d'une vie commune harmonieuse. De là naît une forme d'héroïsme individuel fondée sur une vertu d'humanité concilée avec le génie, animé du goût de la grandeur, et le sentiment de sa propre force intérieure. L'héroïsme développé par cette nouvelle philosophie se veut humaniste dans la mesure où il prône la grandeur d'âme en ce qu'elle est formée par les pensées et les sentiments de l'homme, et que le reste lui est étranger.
Cette pensée héroïque, qui enthousiasma Voltaire et fit de lui l'admirateur et l'ami de du jeune "prodige" comme en témoigne la correspondance des deux hommes, va de pair avec le culte des grands hommes. Pour Vauvenargues, le génie ou le grand homme est l'incarnation du mdèle à la fois humain, social et intellectuel que sa philosophie élabore. Dans De l'esprit en général, il tire de ses observations sur les différentes sortes d'esprit ce qui fait l'essence du génie; dans Des passions, il analyse les conditions nécessaires au génie pour atteindre à la grandeur; dans Du bien et du mal moral, il propose les fondements de la grandeur d'âme à laquelle le génie aspire. Le moraliste refuse les vues utopiques ou doctrinaires et s'attache à une réflexion qui ait une application concrète dans la réalité. Vauvenargues se garde cependant de céder à une admiration trop enthousiaste et irréfléchie, suscitée par les exemples des hommes célèbres, parfois contestables mais toujours justifiées, qu'il propose.
La philosophie vauvenarguienne a renouvelé la pensée sur l'héroïsme, en réhabilitant le moi et la valeur individuelle, étouffée par l'austérité des moralistes du Grand Siècle. Chaque être humain porte en lui de formidables capacités de réalisation personnelle et la voie du bonheur lui est désormais ouverte. L'homme a ainsi pour vocation d'exploiter son énergie intérieure, de perfectionner ses qualités afin d'agir pour le bien d'autrui. Cette philosophie alimentera la création des personnages romanesques du XIXème siècle, notamment les héros balzaciens, avides d'affirmation de soi.